L’OVI a révélé hier lors d’un point presse ses estimations pour l’année 2025. Et les prévisions ne sont guère optimistes. Avec une projection de marché France entre 41 000 et 44 500 véhicules industriels neufs, il faudra s’attendre à une baisse entre -9% et -16% par rapport à 2024.
Traditionnellement l’OVI est plutôt prudent, ne cédant pas facilement au pessimisme. Mais le contexte est clairement défavorable : instabilité politique et fiscale, contexte dégradé du TRM, moral des exploitants en berne, climat des affaires mal orienté et une hausse de plus de 20% des défaillances d’entreprises du TRM en France (sujet qui alarme, forcément, les établissements financiers). Hors TRM, les signaux avancés de l’activité du BTP sont également mal orientés.
Le directeur de l’Observatoire du Véhicule Industriel, a évoqué hier les difficultés d’investissements des collectivités territoriales, la baisse spectaculaire des demandes de permis de construire ou de fabrication de granulats et béton prêt à l’emploi. La tendance est générale : en Europe, seules l’Espagne (+23.4%) et l’Italie (+2.2%) tirent la demande de véhicules industriels neufs. Tous les autres pays de l’UE sont en chute, parfois de façon spectaculaire (comme la Pologne à -22.7% à fin septembre 2024).
Le bilan du marché France 2024 sauve les apparences, mais certains signaux d’alarme sont là : le marché des remorques et semi-remorques neufs a chuté de -17.6%. Le volume de l’année écoulé représente 63% de l’activité des constructeurs-carrossiers de 2019. Aucun secteur « métier » de la semi-remorque n’est épargné.
Seuls les porteurs restent bien orientés au bilan de l’année.
Mais les anticipations pour 2025 inquiètent : le panel des distributeurs de l’OVI estime que les commandes ont chuté de -34% en tracteurs et de -27% en porteurs. Une situation qui se verra forcément dans les immatriculations de 2025.
Pression des ZFE-m, fiscalité menaçante (incertitudes politiques et budgétaires sur le remboursement partiel de la TICPE, application au transport des crédits carbone ETS2 en 2027), surcoût total des véhicules électriques à batteries sans les aides et subventions, constituent autant de signaux contradictoires.
L’OVI ne s’est pas risqué à évaluer le marché France « hors pétrole » 2025. Il estime que les véhicules industriels électriques de plus de 5.1t de PTAC devraient représenter un peu plus de 1000 unités (contre 670 en 2024).
Nous tenons à votre disposition le rapport complet de l’OVI sur simple demande.


